Dirigeants bénévoles : comment renouveler efficacement son CA ?

Depuis plusieurs années, le secteur associatif reconnaît ses difficultés pour renouveler ses instances dirigeantes bénévoles. Pourquoi ces difficultés et comment repérer les bons profils ?

En 2018, l’édition La France Associative en mouvement, de l’association Recherches et Solidarités, révélait que le renouvellement des dirigeants bénévoles est un sujet de préoccupation pour 38% des structures. Si le phénomène fait consensus auprès des acteurs du secteur, les raisons restent diverses. Parmi elles, les contraintes de disponibilités sont régulièrement évoquées comme l’un des freins majeurs. En effet, la fonction demande un investissement en temps parfois difficilement compatible avec une vie professionnelle et familiale. De fait, une grande partie des dirigeants bénévoles sont des retraités, avec comme risque inhérent que les CA « vieillissent » en même temps que leur organisation. Par ailleurs, la peur du risque juridique, la baisse de l’engagement militant ou encore la gestion complexe des projets avec des budgets limités sont également mises en avant. Pourtant, renforcer et diversifier son équipe dirigeante est devenue un enjeu de taille pour les associations qui souhaitent dynamiser et développer leur projet associatif.

Rechercher de nouvelles compétences

La complexité de la gestion associative, la nécessité de disposer des savoir-faire de plus en plus techniques ainsi que la multiplication des interlocuteurs (donateurs, bailleurs, collectivités..), poussent les structures à rechercher des administrateurs expérimentés. « Les associations recherchent quasi-unanimement des « gestionnaires charismatiques de bénévoles et de projets », capables de susciter l’enthousiasme et de porter au mieux le Projet associatif », notait déjà en 2008 France Bénévolat dans une étude. Les compétentes techniques sont donc particulièrement recherchées par les associations.

Afin que leur Conseil d’Administration puisse exercer correctement leurs missions, les structures doivent alors être en mesure d’identifier au préalable leurs besoins et les profils qu’elles recherchent : juriste, expert en numérique, spécialiste en relations internationales, coutumier de la collecte de dons… Il faut cibler et se questionner sur ses attentes en interne. Sur ces points, la recherche de nouveaux dirigeants ne diffère pas totalement de celle qui s’opère au sein d’une entreprise : il n’y a pas de profil standard et la complémentarité est un atout. Sans oublier, toutefois, la nécessaire disponibilité du futur candidat.

Vers un accompagnement

Par ailleurs, les compétences humaines, et notamment la capacité à porter le projet associatif, apparaissent elles aussi comme des éléments clés. Au-delà de bénéficier de compétences en gestion et en management, le dirigeant bénévole doit être en mesure de comprendre et de s’adapter aux problématiques rencontrées en matière de gouvernance et de management, parfois complexe, entre salariés, bénévoles et militants. Le projet associatif rassemble, mais c’est en effet les dirigeants qui le portent.

Si les structures associatives ont conscience de la nécessité de renouveler et diversifier leurs administrateurs, elles rencontrent cependant des difficultés pour trouver en interne des personnes à la fois compétentes et volontaires. Le « recrutement » direct de personnes externes peut alors s’avérer être une solution utile et efficace. Jusque-là privilégié par les petites associations, qui ont moins de bénévoles susceptibles de prendre des responsabilités, le recrutement externe intéresse de plus en plus les plus grandes structures. Cette alternative permet ainsi de prendre en compte la nécessité de présenter un large panel de candidatures, capables de répondre aux attentes des membres de l’association : salariés comme bénévoles. La possibilité de diversifier les profils, sur des critères d’âges et de sexe notamment, est aussi un atout qu’offre la prospection externe. Pour une bonne intégration, le consensus collectif reste indispensable. Il est alors essentiel de garder en tête qu’on ne peut « recruter » un bénévole comme on recrute un salarié. Néanmoins, s’ouvrir sur l’extérieur offre de nouvelles opportunités encore peu explorées jusqu’à maintenant et qui pourraient bien répondre à une problématique non résolue depuis bien longtemps.

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