Comment fédérer ses bénévoles en valorisant leur expérience ?

Souvent relayé en bas du CV, le bénévolat n’est pas toujours mis en valeur. Pourtant, cette activité effectuée sur son temps libre demande des compétences et des savoir-être appréciés dans le monde de l’entreprise. D’ailleurs, les managers se disent de plus en plus sensibles aux compétences comportementales. En effet, selon une étude CadreEmploi/Michel Page publiée en mai 2019, 62% des managers se déclaraient prêts à recruter leurs collaborateurs principalement sur leurs soft skills.

Améliorer la Gestion de Ressources Humaines bénévoles

Les responsables associatifs le savent : la reconnaissance de l’engagement bénévole est un élément clé pour fidéliser leurs bénévoles. Selon l’étude La France Bénévole 2019 : Évolutions et perspectives, publiée par Recherches et Solidarités, 14% des bénévoles souhaiteraient une plus grande attention de la part de leurs instances dirigeantes. « Motivés par l’acquisition de compétences dans le cadre de leur engagement, conscients et satisfaits des aptitudes et des connaissances qu’il permet de développer, ils sont aussi environ 23% parmi les moins de 50 ans, à souhaiter qu’elles soient reconnues dans leur association », précise le document.

Définir les missions du bénévole, l’écouter, suivre son parcours et réaliser des bilans réguliers apparaissent donc comme étapes clés pour gérer et animer ses équipes. L’association valorise ainsi l’action de ses bénévoles, tout en les rattachant à son projet associatif. « C’est un signe de considération pour le bénévole, confirme François Marin, membre du bureau collégial de France Bénévolat Côte d’Or et Formateur agréé GRH Bénévoles. De plus, discuter de ses compétences avec un bénévole c’est aussi une façon de créer un moment privilégié avec lui. Il s’agit donc d’un très bon outil pour la gestion de ressources humaines bénévoles. » Il existe en effet très peu d’outils pour accompagner la GRH bénévoles : « C’est davantage une manière de gérer ses bénévoles : accueillir, animer, former et enfin reconnaitre leur implication », précise François Martin.

Des outils à disposition

En 2005, le passeport bénévole est imaginé par l’association France bénévolat pour aider les demandeurs d’emploi. L’idée : leur permettre de mettre en avant l’expérience acquise au sein d’une association et la faire valoir dans leur parcours professionnel. Très rapidement, le passeport s’est ouvert à tous : étudiants, salariés, demandeurs d’emploi, seniors… Son existence est reconnue officiellement, depuis 2007, par le ministère de l’Éducation nationale, l’Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) et le Pôle emploi. À ce titre, il peut être notamment utilisé comme pièce justificative dans un dossier de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE). Parallèlement le ministère de l’Éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative a lui aussi élaboré son propre portefeuille de compétences. Composé de huit fiches, cet outil propose une série de questions aidant le bénévole et le responsable de s’interroger sur les compétences mobilisées.

En effet, au cours de son activité associative, le bénévole utilise et développe différentes aptitudes : prise de décisions, gestion de projets, animation d’équipe, communication, capacité à évoluer sans hiérarchie formelle, etc. Et ce, parfois même, sans s’en rendre compte. Grâce à ces outils, le bénévole est poussé en quelques questions à réfléchir et retranscrire ses actions au sein de l’association : quelles sont ses responsabilités ? Quels outils utilise-t-il dans ses activités ? Quel degrés d’autonomie a-t-il ?… Ainsi, le bénévole s’aperçoit que ses capacités sont transversales : il acquiert aussi bien des compétences professionnelles que personnelles.

Pour aller plus loin, l’association la Jeune chambre économique française (JCEF) a créé, en 2017, le CV citoyen. Envisagé comme un complément du Passeport Bénévole et du CV traditionnel, ce dernier est un outil à envoyer directement aux recruteurs et à utiliser lors d’un entretien. Encore en phase d’essaimage, la JCEF multiplie les actions auprès des professionnels des ressources humaines pour faire reconnaître le CV citoyen.

Bénévolat et recrutement

Ainsi, au-delà d’un engagement personne, le bénévole peut aussi considérer sa mission comme un avantage pour sa vie professionnelle. Plus des trois quarts des bénévoles estiment que la mention de leur engagement est un atout dans leur CV. Mais, qu’en est-il du côté des employeurs ? Les bénévoles sont-ils réellement favorisés lors d’un recrutement ? Si les entreprises ne le formalisent pas explicitement comme étant un élément fondamental, les aptitudes développées restent appréciées dans le monde professionnel. À diplôme égal et avec une expérience similaire, le bénévolat peut donc faire la différence. À condition qu’il soit correctement mis en avant.

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